Libye : La situation des réfugiés aux frontières tunisiennes et égyptiennes reste précaire malgré des élans de solidarité spontanée.

ImageAlors que le conflit en Lybie s’intensifie et que les populations fuient les combats vers les frontières tunisiennes et égyptiennes, une équipe de Première Urgence, Aide Médicale Internationale et Pharmacie Aide Humanitaire s’est rendue dans ces différentes zones pour évaluer la situation humanitaire et identifier les besoins des réfugiés.

Ces populations réfugiées comptent en grande partie des migrants qui travaillaient en Libye avant le début des combats. En provenance d’Asie et notamment du Bangladesh, ainsi que d’Afrique – Somalie, Tchad, Soudan... – ils souhaitent aujourd’hui rentrer au plus vite dans leurs pays.

Notre équipe témoigne de la situation sur place.

« A la frontière tunisienne de Ras Ejdir, grâce aux efforts combinés des autorités, de la solidarité locale et des organisations internationales, les besoins de première nécessité pour plus de 120.000 personnes ont été couverts en un temps record. Les rapatriements vers les pays d’origine ont pu être organisés malgré toutes les difficultés logistiques, financières ou juridiques. Cependant, aujourd’hui encore, près de 13.000 personnes attendent dans un camp que les procédures les concernant aboutissent.

De l’autre côté de la Lybie, à Salloum en Egypte, ce sont plus de 100.000 personnes qui ont transité par ce poste frontière depuis le début du conflit. Aujourd’hui environ 2.000 réfugiés d’origines diverses restent encore cantonnés dans ce no man’s land qui caractérise parfois les zones frontalières. Tous, femmes et enfants inclus, couchent à même le sol, à peine protégés du froid par des couvertures, dans des conditions sanitaires précaires voire inexistantes. Malgré les difficultés, nos équipes tentent encore de trouver une solution permettant d’améliorer les conditions de vie de ces personnes.

Aujourd’hui ce qui nous frappe le plus, c’est la souffrance du peuple libyen pris entre deux feux et à l’avenir incertain mais aussi la souffrance des migrants bangladais, arabes ou sub-sahariens qui fuient les combats.

En parallèle, nous sommes aussi témoin de l’immense, incroyable solidarité des Tunisiens et des Egyptiens qui, malgré les heures difficiles qu’ils ont vécu et vivent encore, continuent à envoyer des convois de nourriture, de vêtements, de couvertures et de médicaments vers les frontières ou les villes libyennes encore accessibles. Résultant d’une action citoyenne spontanée, de jeunes tunisiens et égyptiens chargent des camions qu’ils acheminent eux-mêmes sur des centaines de kilomètres. C’est bien grâce à eux que les dizaines de milliers de réfugiés de toutes nationalités ne souffrent pas de la faim et que les hôpitaux libyens sont à même de faire face à la crise. »

Aujourd’hui face à l’incertitude concernant l’évolution de la situation en Libye, nos équipes restent en alerte pour intervenir en fonction des besoins des populations.
 

 

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Dernière mise à jour : ( 04-04-2011 )